Le Courrier, LUNDI 2 NOVEMBRE 2026 par MARIA PINEIRO

Tamedia vire des délégués syndicaux = débrayage

Jeudi 5 novembre 2026

Nous condamnons avec fermeté le licenciement abusif de deux représentants syndicaux employés auprès de Tamedia et nous soutenons le mouvement de débrayage des sites concernés au matin du 05 novembre 2026. / GDDS

extraits du Courrier

Début octobre, soit quelques jours à peine le moratoire sur les licenciements terminé, Tamedia annonçait se séparer de 41 collaborateurices, dont 13 en Suisse romande. Un guichet pour annoncer les départs volontaires a été ouvert. « Le nombre de personnes qui s’y sont inscrites dépasse celui des suppressions de postes », précisent les SDC. Sept* personnes se seraient vu refuser leur départ, selon les signataires du courrier.

Tamedia va plus loin, dénoncent les collaborateurices : le groupe de presse zurichois « fait le choix de procéder à des licenciements d’autres collaborateurs, en ciblant délibérément certaines personnes ». Et donc de se séparer d’employées qui ne souhaitent pas partir. Selon nos informations, deux membres de la coordination, qui ont participé aux négociations du plan social avec la direction, ont subi un licenciement. « Cette manière de procéder est totalement anti-syndicale », dénoncent les SDC.

Conséquences délétères dénoncées

« Vous pourrissez l’atmosphère de travail au sein de l’entreprise », écrivent les SDC, plongeant ainsi les équipes « dans un climat d’anxiété et de méfiance. » Le Courrier s’est entretenu avec plusieurs personnes employées par Tamedia. Toutes dénoncent un climat de terreur. Aucune d’entre elles n’a souhaité témoigner en son nom propre. Elles ont insisté sur la préservation stricte de leur anonymat. A leurs dires, la direction de Tamedia se serait montrée totalement inflexible lors des négociations concernant le plan social.

Le licenciement de deux déléguées du personnel est clairement qualifié d’anti-syndical et de mesure de rétorsion. « Le message est clair, poursuit l’une de ces personnes. Défendre ses collègues auprès de la direction, c’est prendre le risque d’être licencié. » Avec le danger, à l’avenir, que plus personne ne souhaite reprendre ces postes désormais exposés. L’ambiance au sein de la société est décrite comme très mauvaise. Preuve en est le nombre élevé de volontaires pour le départ, il serait de 18 pour 13 licenciements annoncés. « Il est inquiétant pour le débat démocratique de constater que la critique interne n’est plus supportée dans une entreprise de médias. » Aucune décision n’a encore été prise par les employées quant à la suite, notamment sur la mise en place de mesures de lutte.

Vos témoignages

  • Tamedia vire des délégués syndicaux 5 novembre 2026 03:43, par godefroy

    Dans le dernier ouvrage de Guillaume ChENEViERE, L’oubli du passé, j’ai relevé une citation de Robert de TRAZ - vaudois devenu patricien genevois par mariage - écrite en 1929 : « Le financier sait bien qu’aujourd’hui, par les émissions et les trusts, il peut, mieux que les gouvernements qu’il domine, déchaîner la guerre, la famine, le chômage ou au contraire multiplier parmi les hommes les bonheurs de la paix. »

    Tamedia n’existe plus en tant qu’entreprise indépendante cotée en bourse, car elle a été restructurée et renommée TX Group en 2020. Aujourd’hui, « Tamedia » désigne uniquement la filiale de médias payants (regroupant des titres comme 24 heures, la Tribune de Genève, ou le Tages-Anzeiger) .

    Le chiffre d’affaires de ce holding s’élève à 873,1 millions de francs suisses et la valeur boursière globale de la maison mère (TX Group) oscille autour de 1,5 milliard de francs suisses.

    Nous pourrions considérer ses licenciements inniques - alors que les Chambres fédérales discutent présentement des Bilatérales III visant à réguler un peu l’économie - comme un défi à la démocratie, lequel devrait être sanctionné comme les sont les oligarchies de certaines contrées à l’Est.

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