votation populaire fédérale 8 mars 2026

en bref, mais clairement Enregistrer au format PDF

annoncé par celles et ceux qui veulent réduire les moyens et le rôle de la Société suisse de radiodiffusion et télévision
Dimanche 15 février 2026 — Dernier ajout dimanche 15 mars 2026

Les parties en rouge ont été prélevées dans les propos de la Vaudoise Pauline Blanc, 24 ans, vice-présidente des Jeunes PLR Suisse, à l’origine du texte avec l’UDC, recueillis pour Le Temps et publié le 9 février 2026

Avec la baisse à 200 francs, les recettes de la redevance se monteront encore à 650 millions. Charge à elle d’aller chercher d’autres financements via la publicité … comme le font d’ailleurs tous les médias privés. Il faut, à un moment donné que la SSR entre dans une optique d’efficience…

Pour que la SSR n’ait plus assez de moyens pour financer des téléréalités, des émissions de rencontre, etc.

La SSR est un mammouth qui écrase la concurrence. Si on réduit sa taille, cela dégagera des parts de marché aux privés, qui vont gagner en marge de manœuvre.

ENFIN, tout est dit là :

  1. on désagrège les missions du service public pour que des entrepreneurs « privés » puissent s’en approprier des morceaux et en tirer des profits (ce qui à terme, de par la nature du capitalisme, avantagera « naturellement » la reconstitution de quelques monopoles) ;
  2. par la vente de leurs « prestations » à un prix hors contrôle démocratique, mais au plus fort du « marché » ;
  3. dans la perspective à terme, pour leurs détenteurs, d’affaiblir le rôle de l’appareil d’Etat dans la préservation de l’ordre social et de ruiner ce dernier pour mieux nous asservir : un changement de régime, dans lequel il n’y aurait plus de citoyens avec des droits politiques mais que des clients captifs.

En observant le duopole de la production et de la distribution alimentaire Coop + Migros, l’entendement des fabricants de médicaments ou encore des assurances maladie sur les primes et leurs prestations, on ne peut que constater que ces sociétés « suisses » n’ont que faire de la concurrence et des règles « ordinaires » du capitalisme « libéral ». Sociétés qui seront peut-être également, demain, intéressées à investir dans leurs propres médias audiovisuels ou « corporate », comme elles le font avec leurs publications imprimées, parfois sous la forme de « tout ménage » ?

Note : Pauline pense aussi que un franc, c’est un franc. Economiser 100 francs, ce n’est pas rien. Au-delà de l’argent, il y a la question de fond. Doit-on pouvoir choisir quels contenus nous voulons et lesquels nous souhaitons financer ?

Les conséquences immédiates de cette revendication se résument à la promesse d’une impossible obtention d’informations ou de divertissements à prix raisonnable pour les petites bourses. Il faut

bloquer tout : votez NON sur l’initiative, NON sur le contre-projet, et préférez ce dernier.

Claude REYMOND

Interview croisée entre Amélie Galladé (VL, ZH) et Pauline Blanc (PLR, VD) sur l’initiative de la redevance SSR à 200 francs.

Yan Pauchard Berne

Publié dans Le Temps du 09 février 2026.

« Il s’agit de notre avenir » : deux jeunes politiciennes ferraillent à propos de la redevance radio-TV

La votation sur la redevance à 200 francs divise aussi la nouvelle génération. Pour la Vaudoise Pauline Blanc, des Jeunes PLR, la SSR doit réduire la voilure. Pour la Vert’libérale zurichoise Amélie Galladé, l’initiative menace le service public. « Le Temps » les a fait se rencontrer pour un débat.


Qui a dit que la Gen Z ne s’intéressait plus aux médias traditionnels ? De nombreux jeunes jouent en effet un rôle central dans cette campagne de la votation pour une redevance à 200 francs, un scrutin déterminant pour la SSR. Parmi les partisans les plus farouches de l’initiative, la Vaudoise Pauline Blanc, 24 ans, vice-présidente des Jeunes PLR Suisse, à l’origine du texte avec l’UDC. Parmi les opposants émerge Amélie Galladé, 21 ans, membre du comité des Vert’libéraux du canton de Zurich et membre du comité du non. Les deux politiciennes ne s’étaient jamais rencontrées. Le Temps les a réunies pour débattre de l’avenir du service public et des attentes de la nouvelle génération.

Le Temps : La SSR et le service public, ce n’est pas forcément un sujet de préoccupation pour les nouvelles générations. Qu’est-ce qui a poussé les Jeunes PLR à lancer l’initiative ?

Pauline Blanc (P. B.) : C’est important que les Jeunesses de partis représentent des forces de proposition. C’est agréable de voir qu’elles s’engagent aussi sur des thématiques générales et des sujets de votations pour lesquelles les jeunes ne sont pas forcément attendus. Le débat de fond autour de cette initiative est important. Qu’est-ce qu’on attend du service public ? Qu’est-ce qu’on fait de notre redevance ? Comment nous produisons et consommons l’actualité ? Nous, les jeunes, sommes évidemment concernés.

Amélie Galladé (A. G.) : Je suis d’accord avec Pauline Blanc pour dire qu’il est important que les jeunes s’engagent dans des campagnes de votation, parce qu’au final, il s’agit de notre avenir. Et ici, c’est l’avenir du service public qui se joue. Un oui à cette initiative entraînerait la fin de la SSR comme on la connaît aujourd’hui. Alors qu’elle a besoin de moyens à une époque de multicrises et de désinformation pour pouvoir continuer d’atteindre tous les publics avec une information fiable et indépendante.

P. B. : Prétendre que ce sera la fin de la SSR, c’est l’argument de la peur. Si l’on se base sur le dernier rapport de gestion de la SSR de 2024, on voit très clairement qu’une redevance à 200 francs serait suffisante pour couvrir les éléments nécessaires au service public, comportant une information neutre et de qualité, fournie à l’ensemble de la population. Nous en sommes persuadés.

Un oui à votre initiative provoquerait une perte de moitié du budget de la SSR. Ne peut-on pas parler de démantèlement ?

P. B. : Ce qui est certain, c’est que la SSR n’aura plus assez de moyens pour financer des téléréalités, des émissions de rencontre, etc. C’est bien heureux. Car ce n’est pas son rôle, encore moins en allant chercher l’argent nécessaire dans la poche des citoyens. Nous n’attaquons pas le service public, mais sa voilure actuelle, qui est totalement démesurée.

A. G. : C’est justement dans l’esprit du service public que d’avoir des programmes pour tout le monde, comprenant aussi le divertissement, le sport ou la culture. Le mandat de la SSR, qui est inscrit dans la Constitution, est large. C’est aussi sain que la SSR demeure libre dans le choix de ses contenus, qui ne doit pas être politisé. Il faut néanmoins être conscient qu’avec une coupe de moitié du budget, nous ne sommes plus dans la question de savoir quelles émissions conserver ou supprimer. La SSR se retrouvera plutôt à se demander combien de ses 17 bureaux régionaux elle pourra garder. En cas d’acceptation, elle ne pourra plus couvrir l’information de toutes les régions. Une couverture que les médias privés, pour des raisons financières et infrastructurelles, ne pourront pas reprendre.

En tant que Romande, Pauline Blanc, cet argument des régions, ça ne vous touche pas ?

P. B. : Absolument pas. Ces craintes sont infondées. Les régions conserveront suffisamment de moyens. Notre texte demande que ce système de répartition perdure dans ses modalités actuelles. Si l’initiative est acceptée, le principe sera ancré dans la Constitution, donc renforcé.

A. G. : Une inscription dans la Constitution ne garantira jamais qu’il y aura assez de moyens pour assurer une information qualitative en quatre langues dans toutes les régions. Le Conseil fédéral, Albert Rösti, l’a bien expliqué lors de sa conférence de presse. En cas de oui, les activités de la SSR vont être fortement centralisées. Peut-on imaginer des émissions de la télévision tessinoise tournées à Zurich ? Ce n’est pas ce que je souhaite pour notre pays. Le Conseil fédéral a promis de revoir la concession, après la votation, avec un focus plus grand sur l’information. En plus, nous avons le contre-projet du gouvernement qui reprend une partie de ce que demandent les initiants. Avec une baisse de budget de 17%, c’est un compromis que la SSR peut absorber, même si c’est déjà beaucoup. Ça le serait d’ailleurs pour toute entreprise. L’initiative va clairement trop loin.

Le conseiller fédéral : Albert Rösti : « Une réduction de l’offre de la SSR profiterait surtout aux grandes plateformes étrangères »

P. B. : Il faut regarder les chiffres. En 2024, la SSR consacrait 609 millions de francs pour l’actualité et l’information, entre la production, les coûts d’infrastructures et les frais de personnel. Avec la baisse à 200 francs, les recettes de la redevance se monteront encore à 650 millions. Charge également à elle d’aller chercher d’autres financements via la publicité, des partenariats ou du sponsoring, comme le font d’ailleurs tous les médias privés. Il faut, à un moment donné, que la SSR entre dans une optique d’efficience. Sur les ondes de Forum, Pascal Crittin a promis d’optimiser les processus internes, afin d’éviter de faire quatre fois ce qu’on peut faire en une. C’est assez choquant. Alors que toutes les entreprises doivent y réfléchir quotidiennement, la SSR n’avait, jusqu’ici, pas besoin de se poser ces questions vu que chaque année, c’est plus d’un milliard qui tombe.

La SSR est devenue une grosse machine avec de nombreux échelons hiérarchiques. Selon vous, Amélie Galladé, ne doit-elle pas également revoir ses structures et son fonctionnement ?

A. G. : Je suis d’accord que la SSR a un potentiel d’optimisation, ce qu’elle va faire avec – je le répète – cette baisse de 17% provoquée par le contre-projet. Madame Blanc, vous avez parlé avant d’aller chercher d’autres financements. Mais la grande différence entre la SSR et les privés, c’est que celle-ci doit rester indépendante. Elle nous appartient à toutes et tous. Elle ne doit pas pouvoir être achetée, ni en Suisse, ni à l’étranger.

P. B. : Ces revenus n’empêchent pourtant pas les médias privés régionaux de produire une information de qualité. La SSR est un mammouth qui écrase la concurrence. Si on réduit sa taille, cela dégagera des parts de marché aux privés, qui vont gagner en marge de manœuvre.

Amélie Galladé, vous êtes Vert’libérale. Ne pensez-vous pas qu’une SSR moins dominante pourrait en effet ouvrir de nouvelles opportunités pour les médias du secteur privé ?

A. G. : En soi, couper la moitié du budget de la SSR ne donnera pas un franc de plus aux médias privés. Ce sont des ressources qui vont sortir du système. A chaque fois qu’on a baissé la redevance par le passé, l’argent n’a pas été investi dans la place médiatique suisse. La crise des médias privés a d’autres causes que la SSR. On ne les renforcera pas en affaiblissant cette dernière. L’initiative menace plus de 3000 emplois qui pourraient être coupés en à peine dix-huit mois. On estime que chaque poste à la SSR est lié directement à plus d’un poste à l’extérieur de l’entreprise. C’est au final plus de 6200 places de travail menacées, y compris dans le secteur privé.

Revenons juste au contre-projet du Conseil fédéral. N’est-il pas un bon compromis ?

P. B. : Ce contre-projet est bien trop mou. On le voit, la SSR n’accepte de se remettre un tout petit peu en question que sous la pression financière. Il est temps de lancer une réflexion de fond sur la concession dans son ensemble, sur les attentes de la population envers le service public. Regardez les parts de marché de la SSR, elles sont catastrophiques à hauteur de 30%. Au-delà des chiffres, il y a aussi les contenus. Sur le compte RTS Info, on peut voir des publications telles que « Hitler avait-il un micropénis ? » ou « Un raton laveur ivre sème la pagaille dans un bar en Virginie ». Ce n’est pas ma définition du service public.

A. G. : Il est faux de dire que la SSR n’atteint pas son public. Chaque semaine, elle touche huit personnes sur dix et la RTS atteint deux jeunes sur trois en Suisse romande. Certains de ses formats connaissent de grands succès. Je prends l’exemple de Tataki. Comme seule offre suisse, il figure parmi les 30 éditeurs européens d’actualité les plus influents sur les réseaux.

P. B. : Mais 93% des personnes qui regardent Tataki vivent à l’étranger. Tant mieux si le site est number one, mais il ne l’est pas pour les Suisses.

A. G. : Tataki reste le média préféré des Romands de 17 à 24 ans. Et ce n’est pas parce qu’une émission a du succès ailleurs que ce n’est pas du service public. C’est aussi la preuve que la SSR a des formats qui intéressent. Bien sûr, toutes les émissions ne plaisent pas à tout le monde. Je me demande surtout si cela vaut la peine d’économiser 27 centimes par jour et par ménage pour, à la fin, perdre de très nombreux contenus.

P. B. : Pour commencer, un franc, c’est un franc. Economiser 100 francs, ce n’est pas rien. Au-delà de l’argent, il y a la question de fond. Doit-on pouvoir choisir quels contenus nous voulons et lesquels nous souhaitons financer ? A mes yeux, elle est essentielle. Ma grand-maman adorait regarder Top Models. Mais est-ce à la redevance, donc à tout le monde, de financer des séries ? Quand la SSR a perdu les droits de retransmission du hockey sur glace, les amateurs ont pu suivre les matchs auprès d’un autre diffuseur, privé, qui grâce à ces matchs a vu ses audiences et donc ses revenus publicitaires augmenter.

A. G. : La redevance permet de diffuser une centaine de sports, pas seulement les grands sports populaires. Cette visibilité est primordiale pour eux en termes de sponsoring. Sans oublier les organisations actives dans le domaine du parasport. La SSR est une vitrine pour nos sportifs suisses, mais aussi pour nos productions culturelles. On peut penser ici à la série L’ultim Rumantsch, qui met en valeur la langue romanche, ou les nombreux humoristes de notre pays. Non, 100 francs, ce n’est pas rien. Mais l’alternative, c’est de payer plus cher d’autres programmes ailleurs tout en perdant de la diversité d’offre.

P. B. : Comme je fais de la politique, je consomme énormément d’actualité et d’informations. Mais c’est grosso modo tout.

A. G. : Pour moi, c’est un peu pareil. J’écoute chaque jour Echo der Zeit de la SRF. J’aime regarder les émissions de débats comme Arena ou Infrarouge, ou encore les nombreux films suisses qu’on trouve sur Play RTS.

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