« S’aligner sur la recommandation de l’OIT, un impératif social et démocratique »

Vendredi 13 février 2026 — Dernier ajout dimanche 12 avril 2026

Le droit suisse protège les femmes contre le licenciement motivé par une revendication d’égalité salariale. Pourtant, dans le cadre des bilatérales III, le Conseil fédéral vise une protection nettement inférieure pour les représentantes du personnel qui les soutiennent, contredisant l’OIT. Une déclaration issue des rangs syndicaux et féministes réclame une protection calquée sur la Loi sur l’égalité.

article paru dans Le Courrier du vendredi 13 février 2026

Collectif

Bilatérales III

L’égalité salariale entre hommes et femmes, syndiqués ou non, est en principe généralement acceptée, quand bien même sa concrétisation reste un objectif à atteindre. Dès lors, lorsqu’une femme qui fait valoir qu’elle subit une discrimination, entre autres en matière salariale, est licenciée, elle peut faire annuler le licenciement. Elle peut même obtenir son réengagement provisoire pendant le procès. Il y a là un point d’appui pour une action et initiative en faveur de la défense des droits des représentantes élues du personnel dans le cadre des accords bilatéraux III entre la Suisse et l’Union européenne.

En effet, une même protection contre les licenciements devrait logiquement être accordée au ou à la représentante élue des salariées qui intervient pour soutenir la salariée qui s’oppose à une discrimination ou à un harcèlement.

En 2006, le Comité de la liberté syndicale de l’Organisation internationale du travail (OIT) arrivait à cette conclusion. Il demandait au Conseil fédéral « de prendre des mesures pour prévoir le même type de protection pour les représentants syndicaux victimes de licenciements antisyndicaux que pour ceux victimes de licenciements violant le principe d’égalité de traitement entre hommes et femmes [article 10 de la Loi sur l’égalité, LEg], y compris la possibilité de réintégration, […] ».

Or, dans le cadre des accords bilatéraux III, le Conseil fédéral propose, au lieu de suivre cette recommandation de l’OIT, la procédure suivante : avant de licencier une représentante élue, le patron devra discuter pendant deux mois au maximum, sans obligation de résultat. De plus, cette protection sera limitée aux entreprises occupant au moins 50 travailleurs. Si le licenciement est prononcé, l’indemnité pourra aller jusqu’à dix mois de salaire. Conclusion : le ou la représentante élue continuera ainsi à être beaucoup moins bien protégée que les femmes qu’elle a pour tâche de défendre.

Les soussignées demandent que la protection soit la même pour la représentante et la représentée : un impératif démocratique.

Liste des signataire :

Fabienne ABRAMOVICH, membre de la Grève féministe Genève

Dilek AYKAN, membre d’Unia Transjurane

Anne-Marie BARONE, juge à la retraite

Emily BAUMGARTNER, membre de la Grève féministe Fribourg et JS Fribourg

Vincent BIRCHER, président SSP – Région Genève

Michela BOVOLENTA, secrétaire centrale SSP

Fabienne BUGNON, ancienne conseillère nationale

Jean BURGERMEISTER, secrétaire syndical SSM

Claudia CATELLANI, secrétaire syndicale Unia Transjurane

Stéphanie CHAPPUIS, Collectif Féministe Jura

Malika CHATELAIN , Comité du collectif féministe Jura

Yves-Alain CORNU, président SSM Lausanne

Christian DANDRES, conseiller national, président du SSP, avocat

Nils de DARDEL, ancien conseiller national, avocat

Geneviève de RHAM, militante de la Grève féministe vaudoise et du SSP

Vanessa DURAKI, militante d’Unia Neuchâtel

Marianne EBEL, militante de la Grève féministe Neuchâtel et de la Marche Mondiale des Femmes

Tamira ERNST, VPOD, Kollektiv Kritische Lehrpersonen

Catherine FRIEDLI, secrétaire SSP – Région Vaud

Elsa GIOS, membre de la Grève féministe Genève

Anja GROB, Feministischer Streik

David GYGAX, secrétaire SSP – Région Vaud

Erin HOURIET, membre du secteur Horlogerie d’Unia Genève, de Lestime Genève, de la grève féministe Genève

Julia HUGUENIN-DUMITTAN, membre d’Unia Neuchâtel et de la Grève féministe Neuchâtel

Tamara KNEZEVIC, syndicaliste Unia et militante de la Grève féministe Vaud

Roman KÜNZLER, Zentralsekretär VPOD, Basel

Dario LOPRENO, militant syndical

Alexandre MADRIGALI, président SSM Genève

Jean-François MARQUIS, membre du SSP

Philippe MARTIN, secrétaire central SSP

Alexandre MARTINS, rédacteur Services Publics (SSP)

Anne MICHEL, Commission féministe SSP

Romolo MOLO, ancien président d’une commission du personnel de l’industrie et syndicaliste, avocat

Vanessa MONNEY, secrétaire SSP – Région Vaud

Rosalina PATRICIO, militante du SSP et de la Grève féministe

Valérie PERRIN, secrétaire syndicale SSM

Olivier PETER, avocat

Jean-Claude PRINCE, ancien secrétaire central de l’USS et délégué des travailleurs à l’OIT

Raphaël RAMUZ, secrétaire SSP – Région Vaud

Caroline RENOLD, avocate

Noémie RENTSCH, militante de la Grève féministe Vaud

Beatriz ROSENDE CAROB-BIO, secrétaire centrale SSP

Véronique SAUCY, membre du comité du Collectif Féministe Jura

Marion SAVOY, Grève féministe Fribourg

Anna SCHMID, VPOD, feministischer Streik

Mireille SENN, militante SSM

Agostino SOLDINI, secrétaire central SSP

Aude SPANG, secrétaire nationale à l’égalité, syndicat Unia, membre de la Grève féministe, Fribourg

Charles-André UDRY, éditeur, site alencontre.org

Joël VARONE, secrétaire SSP – Région Genève

Léa ZIEGLER, syndicaliste SSP

Gaétan ZURKINDEN, secrétaire SSP – Région Fribourg

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