Le 8 mars 2026 les citoyennes et citoyens genevois sont appelés aux urnes pour se prononcer sur une modification de la loi sur le salaire minimum, avec la création d’une nouvelle catégorie de travailleureuses : les étudiantes.
Si cette loi passe, dès l’été prochain, les patrons genevois pourront payer le travail des étudiantes, quel que soit leur âge, 18,44 francs de l’heure au lieu des 24,59 prévus ; et 13,55 francs au lieu de 18,07 dans les secteurs de l’agriculture et de la floriculture dont les activités sont souvent pénibles.
Depuis plusieurs jours on peut entendre ou lire certaines considérations d’employeurs à propos de cette votation.
Du genre de celles de Monsieur Stéphane Oberson, directeur d’une boulangerie industrielle qui déclare sous le titre « Trop chers, les jobs d’été à Genève » … Depuis l’entrée en vigueur du salaire minimum à Genève, je n’ai plus les moyens d’engager des étudiants durant l’été. Car il faut être clair : un étudiant qui vient quelques semaines ne peut en aucun cas remplacer un salarié expérimenté. Il a tout à découvrir et doit être encadré. Alors prétendre comme le font certains que ce type de job est équivalent à un emploi ordinaire est non seulement totalement faux, mais aussi irrespectueux pour nos salariés. J’ai donc à regret fait l’impasse sur les jobs d’été. … Je dis donc oui à la loi 13445, qui permet de sauver les jobs d’été. »
Merci Monsieur de nous confirmer l’erreur d’avoir introduit UN salaire minimum !
Effectivement, si une personne qualifiée peut être payée au salaire minimum, alors c’est bien évident que celle sans aucune formation - et dont la capacité productive doit encore être exercée - vous procure un profit moindre pour une rémunération semblable.
Pressentant cette situation il y a 15 ans, j’avais voté contre l’introduction d’UN salaire minimum telle que soumise au scrutin populaire…
… puisque préalablement j’avais proposé vainement à mes « collègues syndicalistes » - dont l’action dans le contexte de l’époque ne permettait plus guère d’augmenter les revenus du travail - de générer une extension dans la loi des principes de nos conventions collectives (tenant compte de la division du travail dans les entreprises), et auxquels une partie du patronat avait déjà adhéré. Soit l’établissement de plusieurs référentiels salariaux légaux, comprenant au moins quatre catégories, avec un glissement automatique vers le haut de l’une à l’autre. Soit :
- un salaire pour une personne sans aucune expérience ou sans formation appropriée ;
- un palier pour celle ayant acquis un savoir-faire professionnel et qu’on doit considérer comme spécialisée dès la sixième année d’emploi ;
- un palier pour le bénéficiaire d’une formation reconnue, ou qualifiée avec un certificat fédéral de capacité (CFC) ;
- un palier pour le titulaire d’une qualification supérieure, avec conduite de personnel, master, brevet, licence, etc.
Je m’étais trouvé extrêmement minoritaire…
Mais indéniablement, la voie retenue d’UN salaire minimum s’avère aujourd’hui déficiente puisque comme l’expose Monsieur Oberson, les salaires de ses qualifiés sont au minimum parce que payer des jobs d’été de manière semblable serait irrespectueux pour les premiers.
Déficiente parce qu’en 15 ans, les échelles salariales qui étaient usuelles dans de certains secteurs ne le sont plus - ou dégradées, parce que les salaires d’une importante partie de la population laborieuse ont été considérablement réduits.
Déficiente parce que de trop nombreux employeurs souhaitent pouvoir - encore et toujours, sans retenue - pratiquer une rémunération minimale ne préservant plus la personne salariée de la précarité.
Dès lors, ce 8 mars prochain, je devrais votez contre les revendications de tous les messieurs et madames oberson, pour rejeter leurs exigences de réduire encore le prix de la contre-partie du travail, pour contrer l’« extorcation » de davantage de plus value dans le rapport d’exploitation, pour tenter de bloquer l’accroissement et la pérennisation de leur inepte « répartition » des richesses produites.
ce qu’il fut autrefois proposé
Au comité USS du 24 juin 2009, nous avions débattu notamment de
Annexe 21 a) − JCS
Chronologie de la plainte de l’USS devant le Comité de la liberté syndicale du BIT
2003 : dépôt de la plainte
Annexe 21b) − VP
Conférence de l’OIT – Session 2009 Version courte
Plénum – Débat sur la crise mondiale de l’emploi
La protection des droits syndicaux : un élément-clé du pacte mondial pour l’emploi !
Intervention de Vasco Pedrina, chef de la délégation des travailleurs suisses et vice- président de l’IBB (Internationale des travailleurs du bâtiment et du bois)
mais il restait bien d’autres annexes à traiter : ci-après papier les concernant.
Adjonctions écrites hors délibération sur invite du président de séance du comité du USS du 24 juin 2009
Le président Paul Rechsteiner - devant s’absenter - a transmis la conduite du comité à Andi Rieger d’Unia à partir du point 15 de l’ordre du jour.
Ce dernier présumant que les rapports ou textes d’orientation des annexes 15, 17, 18, 19, 20 ne susciteraient pas de débat a tenté de les traiter rapidement. Dans la mesure où Claude Reymond a démontré qu’il avait des remarques et propositions à leur sujet, le président lui a demandé de bien vouloir y procéder par écrit.
Le soussigné a accepté ce dispositif pour que le comité puisse consacrer le temps restant aux échanges nécessaires à l’organisation de la manifestation du 19 septembre 2009.
Dès lors, concernant les déclarations ci-après, je prie le secrétariat USS de
- Soit les soumettre au comité directeur pour agrément
- Soit les adjoindre à l’ordre du jour des prochaines délibérations pour débat, adoption ou rejet.
Le comité directeur peut aussi répondre par écrit à chacun d’elle, et si personne lors du prochain comité ne souhaite intervenir à son sujet, on pourra considérer l’objet comme ayant été traité et la déclaration + la position du CD seront ainsi mentionnées au procès verbal de ce comité-là.
Annexe 15 − DL
Groupe d’expert(e)s sur le salaire minimal : état des travaux
Avant dernier paragraphe, après la phrase « La seconde est institutionnelle : quel rôle les CCT peuvent-elles jouer dans la protection des salaires ? » ajouter la question :
Quelle cohérence développerons-nous en matière de rémunération par rapport à nos revendications sur la formation professionnelle ? le salaire minimum légal ne sera-t-il applicable qu’aux seuls travailleurs non qualifié ? ou doit-on prévoir un palier pour les bénéficiaires d’une formation reconnue, avec validation d’acquis ou 6 ans d’activités professionnelles spécialisées (qualifié), et un palier pour les bénéficiaires d’une qualification supérieure, avec conduite de personnel, master, etc. ?
Annexe 17 – DB
Empêcher les licenciements collectifs – renforcer les droits des travailleuses et travailleurs
A la fin du préambule, modifier la phrase « qu’elle versa aux cadres des salaires de plus d’un million et qu’elle distribue des dividendes élevés » en remplaçant « d’un million » par « supérieurs à ceux des Conseillers fédéraux ».
Tout à la fin du document, après « Le Secrétariat est chargé … ainsi que de l’obligation de négocier un plan social. » ajouter :
A ce titre et en matière de licenciements collectifs ou économiques, nous considérons que les pouvoirs du juge doivent être renforcés par de nouvelles attributions :
1. Le juge suspend les effets des licenciements lorsqu’ils peuvent être caractérisés de collectifs ET que la représentation ou les travailleurs concernés déclarent ne pas avoir été consultés ;
2. Le juge annule les licenciements lorsque
- la représentation des travailleurs présente une mesure de réduction ou de répartition du travail garantissant à toutes et tous les concerné-e-s une occupation ET le maintien de leurs rapports contractuels ;
- ceux-ci ne concernent que les travailleurs ou travailleuses à l’exception des cadres ou mandataires ;
- les prescriptions en matière de plan social ou de licenciements collectifs établies par une CCT, un règlement ou une ordonnance cantonale en rapport n’ont pas été respectés.
3. Le juge prononce la mise sous tutelle du chef d’entreprise ou de son Conseil d’administration lorsque ceux-là contreviennent par deux fois ou de manière délibérée aux respects des prescriptions sus-mentionnées ou des droits syndicaux.
Annexe 18 − RZ
Texte d’orientation sur la Poste : la situation actuelle
Dernier paragraphe Résumé des positions de l’USS, ajouter après la phrase « L’USS soutient la revendication d’une banque postale bénéficiant de la garantie de l’État. Elle soulignera l’utilité du réseau d’offices postaux et devra être une filiale à cent pour cent de la Poste, propriété de la Confédération. » Elle souhaite toutefois la transformation de la Poste en un Département fédéral des échanges sociaux et financiers – lequel recevrait notamment la compétence exclusive de l’acheminent des prestations des assurances sociales et collectivités publiques aux résidents ou de l’acheminement des contributions de ces derniers à la sécurité sociale ou administrations fiscales du pays.
2009-07-03 Claude REYMOND, secrétaire syndical CGAS + 3e représentant des Unions syndicales cantonales auprès du Comité USS
Après réception du relevé dactylographié de mes propos au cours de la séance du 24 juin 2009 envoyé par Elisabeth SOUCEK, je lui faisais part en fin de journée de mes corrections en commençant mon message que les lui portait par
Comment envisagez-vous d’intégrer les adjonctions écrites que j’ai rédigées suite à l’invitation du collègue Rieger qui présidait après Paul ?
Elisabeth a reporté soigneusement toutes mes corrections dans le procès-verbal définitif, et mes demandes d’ajouts concernant les annexes 15 et 18 y figurent également. En revanche celle portant sur l’Annexe 17 du comité précédent fut perdue.
Le comité du 14 octobre, avec l’Annexe 10 − DL Initiative populaire pour un salaire minimum – discussion approfondie, poursuivit ses réflexions. Si son procès-verbal montre les différentes évaluations de stratégies, il n’y est jamais envisagé autre chose qu’UN salaire minimum.

